Communiqué de l'AFAPPM à propos des Procès à Angol

Publié le par AFAPPM

L’INJUSTICE À HUIT CLOS

 
La grève de la faim des prisonniers politiques mapuche continue et le procès des lonko se poursuit en l’absence des accusés et du public.

 
Temuco, 24 mars 2006

Le procès du lonko José Cariqueo de la communauté José Guiñon et de Juan Colihuinca de la communauté León Catrimil, toutes deux du secteur d’Ercilia, se poursuit actuellement dans la ville d’Angol.

Les environs du tribunal sont cernés par de nombreux carabiniers (policiers) tant en civils qu’en uniformes et qui ont reçu l’ordre formel des magistrats d’interdire l’accès du public et de la presse au dit tribunal.

À l’extérieur du tribunal patientent des parents et amis des prisonniers, comme la machi Adriana Loncomilla avec ses trois enfants d’âge mineur et qui n’a aucun moyen d’obtenir des informations à propos de son conjoint (José Cariqueo) ni sur le déroulement du procès. Les parents et amis de Juan Colihuinca se retrouvent eux aussi dans la même situation.

Rappelons que cette mesure paranoïaque est imposée depuis le 22 mars, après cet incident provoqué par la décision des juges de faire évacuer de la salle d’audience les épouses des accusés mapuche. Ceci provoqua des altercations entre les gendarmes et le public, pour culminer avec l’expulsion complète de l’audience par la force.

Ce procès rempli d'irrégularités et à caractère raciste se poursuit au tribunal d'Angol en l'absence du lonko José Cariqueo et de Juan Colihuinca qui se trouvent en cellules d'isolement.  Rappelons que ces deux accusés mapuche participent à la grève de la faim initiée le 13 mars dernier par les prisonniers politiques mapuches suivants: Patricia Troncoso, Jaime Marileo et Juan Carlos Huenuiao.  Ils exigent la révision du jugement dans lequel ils ont été condamnés à 10 ans et un jour d'incarcération pour ''incendie terroriste''.  Leur argumentation tient au fait que l'application de la Loi antiterroriste a fragilisé tous les droits politiques et culturels des Mapuche et ils soutiennent de plus que cette loi spéciale a été l'unique réponse du gouvernement ''socialiste'' face aux demandes du Peuple mapuche en matière de territoire et d'autodétermination.

Mentionnons que depuis le début de la grève de la faim, les prisonniers politiques mapuche ont perdu en moyenne de 4 à 5 kilos et commencent à présenter les premiers symptômes de la malnutrition tels que la nausée et l'affaiblissement physique.

Les prisonniers politiques mapuche ont exprimé que «l'État continue avec toute-puissance et autoritarisme à faire l'oreille sourde malgré un tel cri de liberté, disant qu'il ne dialoguera pas, ce qui signifie en clair que la vie ne l'intéresse pas, encore moins si c'est celle d'un Mapuche, ce qui l'importe véritablement c'est l'argent et la vie des pins et des eucalyptus». Devant de tels propos, les Mapuche soutiennent que la grève de la faim se poursuivra jusqu'à l'atteinte de l'objectif initial.

 
Regroupement des familles et amis des prisonniers politiques mapuche. (AFAPPM)

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Publié dans COMMUNIQUÉS

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